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Les entreprises françaises à l’international : les résultats exclusifs de l’enquête 2026

Les entreprises françaises à l’international : les résultats exclusifs de l’enquête 2026

entreprises françaises, stratégie international

Enquête de La Fabrique de l'Exportation et Eurogroup Consulting

Tensions géopolitiques, fragmentation des échanges, recomposition des chaînes de valeur : comment les dirigeants français pilotent-ils leur stratégie internationale dans un monde qui se referme par endroits et s’ouvre par d’autres ? Résultats complets d’une enquête menée auprès de près de 400 entreprises.

 

398

répondants

Mai – juin 2026

période d'enquête

5

partenaires institutionnels

2–3 juillet 2026

restitution du sondage

Contexte

Une enquête pour prendre le pouls d'un monde des affaires sous tension

Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation des échanges et la transformation des chaînes de valeur, La Fabrique de l’Exportation et Eurogroup Consulting ont voulu comprendre comment les entreprises françaises vivent ces bouleversements : quels impacts sur leur activité, quelles stratégies d’adaptation, quelle lecture font-elles des contraintes et des opportunités qui en découlent.

L’exercice n’est pas un simple instantané. Il s’inscrit dans la continuité du baromètre des dirigeants français publié par Eurogroup Consulting en janvier 2026, et permet de mesurer comment les intentions stratégiques affichées en début d’année se sont traduites, ou non, en actions concrètes face à l’accélération des tensions commerciales et géopolitiques observée depuis le printemps.

Méthodologie et partenaires

L’enquête a été réalisée de mi-mai à fin juin 2026, en partenariat avec les Conseillers du Commerce Extérieur (CCE), les Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’international (CCI FI), le Club CIC International, HEC We&Men et HEC Industries. Près de 400 représentants d’entreprises ont répondu à un questionnaire structuré autour de neuf axes :

1. Perspectives de développement à horizon mi-2027

2. Zones géographiques prioritaires de développement

3. Impact du contexte géopolitique sur l’activité

4. Stratégies et outils d’atténuation des risques

5. Lecture de l’environnement concurrentiel international

6. Opportunités nouvelles liées au contexte actuel

7. Gouvernance et leadership des équipes internationales

8. Bilan global difficultés vs opportunités

9. Intentions de changement de stratégie internationale

Profil des répondants

Un panel représentatif du tissu économique français, fortement exposé à l'international

71%

des répondants sont basés en France, 29% à l’étranger

58%

des dirigeants réalisent plus de la moitié du CA à l’internationalants

39%

réalisent plus de 75% de leur CA à l’étranger, la part la plus représentée
Répartition par taille
  • PME : 30% des répondants
  • Grandes entreprises : 24%
  • ETI : 21%
  • TPE : 25%
Exposition à l'export (% du CA)
  • Moins de 25% du CA à l’étranger : 25% des répondants
  • Entre 25% et 50% : 16%
  • Entre 50% et 75% : 19%
  • Plus de 75% : 39%

Perspectives de développement

L'international reste, de loin, le principal moteur de croissance

Malgré un climat géopolitique dégradé, les dirigeants français continuent de placer leurs espoirs de croissance hors des frontières plutôt que sur le marché domestique.

76%

des dirigeants affichent des perspectives de développement à l’international fortes ou très fortes

31%

seulement déclarent des perspectives de développement fortes ou très fortes en France
L'écart de 45 points entre les perspectives à l'international et les perspectives domestiques illustre un mouvement de fond : la croissance des entreprises françaises se joue de plus en plus hors de l'Hexagone.
Zones prioritaires de développement pour 2027

L’Europe et l’Asie confirment leur statut de zones prioritaires, en cohérence avec le baromètre des dirigeants français publié par Eurogroup Consulting en janvier 2026. L’Amérique du Nord arrive en troisième position, devant un Moyen-Orient dont l’attractivité semble affectée par la crise régionale en cours.

Climat géopolitique

Un contexte largement perçu comme défavorable, aux conséquences bien concrètes

Trois dirigeants sur quatre ressentent déjà un impact négatif des tensions géopolitiques sur leur activité, une proportion qui grimpe encore chez les grandes entreprises, davantage exposées aux chaînes de valeur mondiales.

75%

des dirigeants ressentent un impact géopolitique défavorable sur leur activité

85%

chez les seules grandes entreprises, plus exposées aux chaînes d’approvisionnement mondiales
Principales difficultés rencontrées

Premier facteur cité par les dirigeants, l’inflation des coûts de production et de l’énergie devance nettement les contraintes logistiques et d’approvisionnement, confirmant que l’impact géopolitique se lit d’abord dans les comptes d’exploitation avant de se traduire en blocages opérationnels.

Concurrence internationale

Un environnement de plus en plus disputé, surtout pour les plus grandes structures

Trois dirigeants sur quatre ressentent déjà un impact négatif des tensions géopolitiques sur leur activité, une proportion qui grimpe encore chez les grandes entreprises, davantage exposées aux chaînes de valeur mondiales.

65%

des entreprises perçoivent une concurrence internationale plus intense qu’auparavant

75%

chez les dirigeants d’ETI et de grandes entreprises

50%

chez les dirigeants de TPE et de PME, moins exposés
Principaux pays concurrents cités

Chine

États-Unis

Allemagne

Inde

Italie

45%

37%

23%

17%

17%

Concurrence déloyale dénoncée

35% des dirigeants déclarent être confrontés à des pratiques de concurrence déloyale, pour l’essentiel sous deux formes :

  • Dumping : cité par 50% des entreprises concernées
  • Subventions publiques étrangères jugées déséquilibrantes : 50% également

Opportunités

Dans un environnement contraint, des opportunités nouvelles se dessinent

Le tableau n’est pas uniformément sombre : si la majorité des dirigeants ne voit pas d’opportunité nouvelle, plus de quatre sur dix en identifient, et près des deux tiers estiment que le bilan global reste équilibré.

42%

des dirigeants identifient des opportunités nouvelles liées au contexte géopolitique, principalement en Europe et en Asie

64%

estiment que les opportunités compensent ou équilibrent les difficultés rencontrées

36%

considèrent au contraire que les difficultés prennent le dessus
Les États-Unis illustrent le mieux ce basculement : identifiés comme zone prioritaire par 42% des dirigeants, ils ne sont plus que 25% à les considérer comme telle une fois le contexte géopolitique pris en compte, un net recul de 17 points en quelques mois.

Sur les accords commerciaux conclus par l’Union européenne, le jugement reste partagé : seuls deux dirigeants sur cinq y voient un facteur d’opportunités, tandis que près d’un sur deux leur attribue un impact neutre sur son activité.

Stratégies d'adaptation

Cap maintenu : les entreprises ajustent leurs outils plutôt que leur stratégie

75%

des dirigeants n’envisagent pas de changer de stratégie internationale
Leviers d'atténuation des risques mobilisés

Plutôt que de renoncer à leurs ambitions internationales, les entreprises françaises privilégient une logique d’agilité : diversifier les cibles et les activités, plutôt qu’un repli pur et simple sur le marché domestique.

Accompagnement

Un recours encore limité aux dispositifs publics et privés d'accompagnement

Alors que les enjeux s’intensifient, seule une minorité d’entreprises mobilise les organisations spécialisées dans l’aide à l’export. Un paradoxe particulièrement marqué aux deux extrémités de la chaîne.

30%

seulement des entreprises déclarent être accompagnées dans leur stratégie d’export

22%

de recours chez les TPE

16%

chez les grandes entreprises, pourtant les plus exposées
Organismes les plus cités parmi les entreprises
accompagnées
  • Bpifrance : 61%
  • Business France : 54%
  • Conseillers du Commerce Extérieur : 50%
  • CCI France International : 32%
  • Chambres de commerce et d’industrie : 30%
Réseaux mobilisés dans le développement
international
  • Écosystèmes sectoriels : 59% – le réseau dominant
  • Réseaux de diasporas : 31%
  • Réseaux d’alumni : 30%
  • Réseaux d’investisseurs : 21%

En synthèse

Une internationalisation qui se poursuit, mais se réinvente

L’enquête dessine le portrait d’entreprises françaises qui ne renoncent pas à l’international, malgré un climat géopolitique qu’elles jugent à 75% défavorable. Plutôt qu’un repli, c’est une recomposition qui s’opère : diversification des cibles, réorientation des chaînes d’approvisionnement, vigilance accrue face à une concurrence perçue comme de plus en plus déloyale. Les zones de croissance se redessinent également, l’Amérique du Nord perdant de son attrait au profit d’une Europe et d’une Asie jugées plus sûres.

Reste un point de vigilance partagé par les organisateurs de l’enquête : le faible recours aux dispositifs d’accompagnement, alors même que les enjeux de gouvernance, de financement des risques et de diversification n’ont jamais été aussi élevés. 

Les résultats ont été dévoilés à l’occasion de l’Université d’Été de l’Internationalisation des
Entreprises (UEIE) d’Aix-en-Provence, les 2 & 3 juillet 2026.

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