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Une vision à 360° des échanges extérieurs de la France– édition 2024

Une vision à 360° des échanges extérieurs de la France– édition 2024

Par Daniel MIRZA et La Fabrique de l'Exportation - 11/04/2024

Faut-il vraiment résumer les échanges extérieurs de la France au seul déficit commercial des biens qui fait la une chaque année ? Daniel Mirza, professeur d’économie à l’Université de Tours, livre dans cette édition 2024 une vision à 360° incluant services et implantations à l’étranger, pour mieux mesurer la vraie place de la France dans la mondialisation.

Le déficit des biens, un indicateur qui ne dit pas tout

Dans l’opinion publique, la mesure des échanges de la France avec le reste du monde tend à se résumer aux échanges de biens, et plus précisément au déficit qui en résulte et qui fait les gros titres chaque début d’année : 86 milliards d’euros en 2021, 164 milliards d’euros en 2022, 99,6 milliards d’euros en 2023. Or, depuis les années 1970, de nouvelles formes d’échanges économiques internationaux se sont développées et occupent désormais une place majeure : les échanges commerciaux de services et les implantations d’entreprises à l’étranger, ou IDE.

Aujourd’hui, les échanges de services de la France représentent un tiers de ses échanges commerciaux, et surtout, le chiffre d’affaires des implantations des entreprises françaises à l’étranger, supérieur à 1 700 milliards d’euros, est plus de deux fois supérieur aux exportations françaises totales de services et de biens, de l’ordre de 750 milliards. De tels bouleversements imposent de modifier la manière dont on analyse notre interaction avec l’étranger. On peut dès lors être surpris de la forme de myopie qui caractérise depuis des années l’analyse des échanges internationaux de la France, en les réduisant aux seuls échanges de biens, alors qu’ils ne représentent qu’une partie des flux, et en s’attachant à des mesures exprimées en chiffres d’affaires plutôt qu’en valeur ajoutée exportée.

Les questions au cœur de l’étude

Quelle est la contribution des services aux échanges extérieurs de la France depuis 20 ans ? Quelle est la part de la valeur ajoutée française dans les exportations de biens et de services ? Comment la France se compare-t-elle à quelques pays voisins ? Comment mieux comprendre le fort développement des implantations des entreprises françaises à l’étranger, ainsi que celles des entreprises étrangères en France, pour mieux apprécier l’implication de la France dans les échanges mondiaux depuis deux décennies, et notamment ses véritables parts de marché ? Quels liens existent entre ces différentes formes d’échanges, et comment peuvent-ils éclairer la performance de la France au sein de l’espace européen et avec le reste du monde ?

Ce sont ces questions que l’étude a souhaité aborder afin d’apporter une lecture plus riche des échanges de la France avec le reste du monde et de sa place dans la globalisation. Les résultats ébranlent quelques idées reçues et éclairent de nouvelles pistes explicatives des succès et des échecs des entreprises françaises dans leur internationalisation, en mettant en évidence des forces et des faiblesses qui ne sont souvent ni exploitées ni adressées.

Une étude portée par Daniel Mirza et un comité de pilotage engagé

L’auteur de cette étude à large spectre, dans son édition 2023 comme dans celle de 2024, est Daniel Mirza, professeur d’économie à l’Université de Tours et co-directeur de l’équipe Economie internationale et Développement durable (EI2D) du Laboratoire d’Economie d’Orléans. L’édition 2024 apporte, au-delà de la nécessaire actualisation des chiffres d’une année sur l’autre, un approfondissement significatif sur les parts de marché du « Made in France », les exportations, et du « Made out of France », les implantations à l’étranger des entreprises françaises, et permet de comparer ces parts de marché à celles des autres pays européens. Cette mesure est d’autant mieux appréhendée qu’elle est désormais calculée à partir de données exprimées en valeur ajoutée, plutôt qu’en exportations brutes ou en ventes brutes à l’étranger, ce qui permet d’avoir une idée plus claire de l’état de la réallocation des activités des entreprises françaises et européennes dans l’espace communautaire.

La première édition de cette étude, publiée en 2023, avait pu voir le jour grâce au soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi qu’à l’ensemble des participants au comité de pilotage, qui ont assuré le suivi des travaux, apporté des conseils et suggéré des orientations : Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics et conseiller auprès de la direction de la coopération économique internationale de la Banque de France, Vincent Vicard, adjoint au directeur du CEPII, et Dora Triki, professeur associée en International Business à l’École supérieure de commerce extérieur (ESCE).

Une étude en cinq parties

L’étude s’articule autour de cinq grandes parties : une analyse dynamique et comparative de la balance des transactions courantes ; les échanges de biens, marqués par un ralentissement de la croissance des flux commerciaux et une dégradation du solde ; la forte croissance des échanges de services de la France ; l’implantation des entreprises françaises à l’étranger et des entreprises étrangères en France ; et enfin les facteurs explicatifs des échanges extérieurs de la France, suivis d’une conclusion et de ses implications en matière de politique économique.

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