fabrique-exportation

Une vision à 360° des échanges extérieurs de la France

Par Daniel Mirza et La Fabrique de l'Exportation - 03/07/2023

Faut-il vraiment résumer les échanges extérieurs de la France au seul déficit commercial des biens ? Daniel Mirza, professeur d’économie à l’Université de Tours, livre dans cette étude, réalisée en partenariat avec l’ESCE, une vision à 360° incluant services et implantations à l’étranger pour mieux mesurer la vraie place de la France dans la mondialisation.

Le déficit des biens, un indicateur qui ne dit pas tout

Dans l’opinion publique, la mesure des échanges de la France avec le reste du monde tend à se résumer aux échanges de biens, et plus précisément au déficit qui en résulte. Les déficits de 86 milliards d’euros et de 164 milliards d’euros, pour les années 2021 et 2022, sont ainsi restés dans tous les esprits. Or, depuis les années 1970, se sont développées de nouvelles formes d’échanges économiques internationaux qui occupent désormais une place majeure : les échanges commerciaux de services et les implantations d’entreprises à l’étranger, ou IDE. Un tel bouleversement impose de modifier la manière dont on analyse notre interaction avec l’étranger. On peut dès lors être surpris de la forme de myopie qui caractérise depuis des années l’analyse des échanges internationaux de la France, en les réduisant aux seuls échanges de biens, alors qu’ils ne représentent qu’une partie des flux, et en s’attachant à des mesures exprimées en chiffres d’affaires plutôt qu’en valeur ajoutée exportée.

Les questions au cœur de l’étude

Quelle est la contribution des services aux échanges extérieurs de la France avec le reste du monde depuis 20 ans ? Quelle est la part de la valeur ajoutée française dans les exportations de biens et de services ? Comment la France se compare-t-elle à quelques pays voisins ? Comment mieux comprendre le fort développement des implantations des entreprises françaises à l’étranger, ainsi que celles des entreprises étrangères en France, pour mieux apprécier l’implication de la France dans les échanges mondiaux depuis deux décennies, et notamment ses véritables parts de marché ? Quels liens existent entre ces différentes formes d’échanges, et comment peuvent-ils éclairer la performance de la France au sein de l’espace européen et avec le reste du monde ?

Ce sont ces questions que l’étude a souhaité aborder afin d’apporter une lecture plus riche des échanges de la France avec le reste du monde et de sa place dans la globalisation. Les résultats ébranlent quelques idées reçues et éclairent de nouvelles pistes explicatives des succès et des échecs des entreprises françaises dans leur internationalisation, en mettant en évidence des forces et des faiblesses qui ne sont souvent ni exploitées ni adressées.

Une étude portée par Daniel Mirza, en partenariat avec l’ESCE

Cette étude, engagée en partenariat avec l’École supérieure de commerce extérieur (ESCE) avec le soutien et le concours du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a été réalisée par Daniel Mirza, professeur d’économie à l’Université de Tours et co-directeur de l’équipe Economie internationale et Développement durable (EI2D) du Laboratoire d’Economie d’Orléans. Elle apporte, pour la première fois, une lecture très large des échanges de la France avec le reste du monde et de sa place dans les chaînes de valeur mondiales, en s’appuyant sur un large spectre de données relatives aux échanges de la France, comprenant les échanges de biens et de services, mais aussi les implantations à l’étranger. Une comparaison est faite systématiquement avec quatre grands pays européens de référence, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni, et, dans la partie économétrique, avec d’autres grands pays à niveau de développement comparable, tels que les Etats-Unis ou le Japon.

L’étude tient à remercier l’ensemble de ceux et celles qui ont rendu possible ce travail à large spectre, au premier rang desquels le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour son soutien et son concours, ainsi que Daniel Mirza pour en être l’auteur. Elle salue aussi ses assistants, Dorcas Opuku et Arrouna Keita, qui l’ont accompagné dans ses travaux, ainsi que le comité de pilotage constitué de représentants de La Fabrique de l’Exportation, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’ESCE, pour avoir assuré le suivi des travaux, apporté des conseils et suggéré des orientations. Des remerciements spéciaux sont adressés à Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics et conseiller auprès de la direction de la coopération économique internationale de la Banque de France, ainsi qu’à Vincent Vicard, adjoint au directeur du CEPII, pour avoir accepté de faire partie du comité scientifique du projet, leurs avis très éclairés et à forte valeur ajoutée ayant incité à chaque fois à aller plus loin dans l’investigation.

Une étude en cinq parties

L’étude s’articule autour de cinq grandes parties : une analyse dynamique et comparative de la balance des transactions courantes ; les échanges de biens, marqués par un ralentissement de la croissance des flux commerciaux et une dégradation du solde ; la forte croissance des échanges de services de la France ; l’implantation des entreprises françaises à l’étranger et des entreprises étrangères en France ; et enfin les facteurs explicatifs des échanges extérieurs de la France.

échanges extérieurs de la France
Retour en haut
Chargement